À 04 h 41, heure du Japon, le 20 octobre 2026, une fusée H3 a quitté Tanegashima avec la sonde MMX. JAXA indique que le véhicule a suivi la trajectoire prévue et que la séparation de la sonde a été confirmée environ 71 minutes après le décollage. C'est un départ réussi, pas encore une arrivée à Mars ni un prélèvement sur Phobos.
Pourquoi partir vers les lunes de Mars ?
Phobos et Deimos posent une question encore ouverte : sont-ils des astéroïdes capturés par Mars ou les vestiges d'une collision ancienne ? MMX doit observer les deux lunes, se rapprocher de Phobos et y prélever de la matière. L'analyse en laboratoire sur Terre peut révéler des détails que les instruments embarqués ne mesurent pas toujours. La mission est conduite par JAXA, avec des contributions de la NASA, du CNES, du DLR et de l'ESA.
Le calendrier présenté par l'ESA prévoit une arrivée dans le système martien en 2027, le déploiement du rover Idefix sur Phobos plus tard dans la mission, une collecte d'échantillons vers 2030 et un retour sur Terre en 2031. Ce sont des objectifs à venir, susceptibles d'évoluer : aucun échantillon n'a encore été obtenu.
Le lien radio, colonne vertébrale de l'exploration
Une sonde lointaine ne peut pas être pilotée comme un drone terrestre. Les équipes préparent des séquences de commandes, les transmettent par radio, puis attendent la télémétrie qui décrit l'état du véhicule et les données de ses instruments. À la distance de Mars, le signal met plusieurs minutes à parcourir le trajet dans chaque sens ; les corrections instantanées sont impossibles. La sonde doit donc exécuter localement les opérations prévues et se protéger si elle détecte une anomalie.
L'ESA précise avoir fourni à MMX des équipements de communication en espace lointain et un soutien de son réseau de stations Estrack pour transmettre les commandes et recevoir les données. Une grande antenne au sol concentre un signal radio très faible, tandis que d'autres stations, réparties sur la planète, prennent le relais lorsque la rotation de la Terre fait disparaître la sonde de l'horizon d'un site. Les agences coordonnent ensuite le traitement et la distribution des données scientifiques.

Ce que le lancement ne démontre pas encore
Le bon déroulement du tir valide une étape de transport et d'injection. Il ne valide ni la navigation autour de Phobos, ni l'atterrissage, ni l'échantillonnage, ni le retour. Chacune de ces phases dépend de la sonde, des équipes de vol et de la continuité du lien radio. C'est précisément pourquoi une mission interplanétaire se juge au fil de ses jalons, et non sur la seule image spectaculaire du décollage.
Pour comprendre comment un signal devient une information exploitable, voir aussi notre article « Du signal radio aux données utiles : que fait une station au sol ? » dans le RECA Space Journal.

